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La Minute Histoire du Professeur Le Bars !
Sur la carte postale d'aujourd'hui, imprimée il y a 103 ans, tout est dit mais c'est le «bordel» ! Désolé pour les âmes sensibles mais je ne trouve pas de terme approchant pour résumer la composition quasi foutraque de cette prise de vue. En résumé, sans respirer et sans gros mot, des gens saluent d'autres gens qui ne savent plus à qui répondre pendant qu'un dragon à fourragère retient une petite fille qui a cru voir le Père Noël, alors que l'on est au mois de Mai, et qu'une personne de la sécurité se dirigeant droit vers l'objectif, mais trop tard, veut interdire la prise de vue parce qu'un monsieur sans bras ni jambes plus grand que le Président, regardant tout ce beau monde sans piper mot, fait tache dans le décor.
Pour détailler quand même un petit peu, Raymond Poincaré (qui n’a pas pu inventer le stylo à bille, ayant des problèmes en géométrie) se promène peinard dans la parc des Promenades. Il y a beaucoup de bruit mais ce ne sont pas encore les animations du Festival Banc Public qui résonnent près du palais de justice. Il ne se doute de rien mais vingt-huit jours plus tard l’attentat de Sarajevo le fera se promener beaucoup moins souriant sur le front durant les années qui vont suivres. Ironie de l’Histoire et de la carte postale, il vient de féliciter Elie Le Goff qui n'est rien moins que le père de ses trois fils ! Devenus frères Morts pour la Patrie, ils donnèrent leur nom, sans leur accord, à la rue bien connue des fêtards descendant vers le Légué. Si elle fait toujours du bruit, c’est tout de même beaucoup plus peinard que sur le front de la Sommes.
Quant à Villiers de l’Isle-Adam, poète né à Saint-Brieuc bien avant sa mort, il eu ces mots magiques, passant de vie à trépas vivant : « Eh bien, je m'en souviendrai de cette planète ! »
Fallait être couillu !

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